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L’oiseau d’Ourdi , conte des frères Grimm

l'oiseau-d'ourdi, legende-et-conte.comL’Oiseau d’Ourdi , conte des frères Grimm

Attention, âmes sensibles s’abstenir. Des scènes très crues peuvent choquer .

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Résumé : L’Oiseau d’Ourdi , conte des frères Grimm. Après avoir tué deux soeurs qu’il a épousées, un sorcier est berné par la troisième déguisée en oiseau d’ourdi.

Pour s’assurer de leur obeissance, un méchant sorcier interdit à ses femmes successives, d’ouvrir une pièce de la maison en son absence. Les curieuses désobéissent et sont alors punies de mort puis découpées par le cruel. La dernière soeur plus maligne, déjoue la ruse du sorcier et ouvre la porte. Elle redonne vie à ses soeurs et les sauve. Elle se déguise ensuite en merveilleux oiseau  d’Ourdi  et s’évade au nez et à la barbe de son terrible fiancé (qui ressemble comme un gant à Barbe Bleue ).

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Il était une fois un sorcier qui, sous l’aspect d’un pauvre homme, s’en allait mendier de maison en maison pour s’emparer des jolies filles. Personne ne savait où il les emmenait, et aucune ne revenait jamais.

Un jour, il se présenta à la porte d’un homme qui avait trois filles. Il avait pris l’apparence d’un pauvre mendiant exténué qui portait sur son dos une vieille besace où il mettait sans doute les dons. Il mendia humblement un petit quelque chose à manger, et lorsque la fille aînée vint pour lui apporter un morceau de pain, il ne la toucha que du bout du doigt, mais cela suffit pour qu’elle saute d’elle-même dans la besace. L’homme partit alors à grandes enjambées et gagna rapidement une sombre forêt au sein de laquelle se trouvait sa maison.

Tout était merveilleux  dans cette maison, et l’homme offrit à la jeune fille tout ce qu’elle pouvait désirer. Il lui dit : « Tu verras ma chérie comme tu seras bien ici avec moi, car tu auras tout ce que tu peux désirer. » Après quelques jours il lui dit: « Je dois partir en voyage et tu seras seule pendant ce temps. Voici toutes les clés de la maison : tu peux aller partout sauf dans la pièce dont voici la clef. Je t’interdis d’y entrer sous peine de mort». Il lui confia un œuf également en lui disant : « Garde cet œuf précieusement et porte-le toujours sur toi, car s’il venait à se perdre, il arriverait un grand malheur. » Elle prit les clefs ainsi que l’œuf, et promit de lui obéir à la lettre.

Une fois le sorcier parti, elle se mit à visiter toutes les pièces de la maison celles du bas, du haut, admirant tout ce qu’il y avait à admirer. Les chambres étincelaient d’or et d’argent, et elle se dit que jamais elle n’avait vu de semblables merveilles. Elle arriva enfin devant la porte interdite et voulut passer outre, mais elle ne put résister à la curiosité. Elle considéra la petite clef qui ressemblait à n’importe quelle clef, l’introduisit dans la serrure et la tourna un petit peu, mais la porte s’ouvrit d’un coup. Et que vit-elle, lorsqu’elle entra? Au milieu de la chambre, trônait une grande bassine remplie de sang où surnageaient des membres humains, et juste à côté, une hache étincelante était posée sur un gros billot. Effrayée, elle sursauta si fort que l’œuf lui échappa des mains et tomba dans le bac sanglant. Elle le reprit bien vite et voulut le nettoyer, mais elle eut beau faire, le sang réapparaissait toujours. Elle le lava, le frotta, l’essuya en vain.

Peu après, l’homme rentra de voyage et la première chose qu’il lui dit fut : « Rends-moi les clefs et l’œuf ». Elle les lui tendit en tremblant et en voyant les taches sur l’œuf,  il comprit qu’elle était entrée dans la chambre sanglante. « Puisque tu es entrée dans la chambre contre ma volonté, tu vas y retourner contre ta volonté! Ta vie prend fin maintenant ! »  lui dit-il et il la jeta à terre, la traîna par les cheveux dans la terrible pièce, lui trancha la tète sur le billot puis, inondant le plancher de son sang, il lui coupa les membres  et les jeta dans la grande bassine où se trouvaient les autres .
« Maintenant je vais aller chercher la deuxième! » dit le sorcier à haute voix. Il reprit aussitôt son apparence de vagabond et retourna mendier à la porte du vieil homme. La deuxième fille lui apporta un morceau de pain, il la toucha du doigt et l’emporta comme l’autre. Elle ne connut pas un meilleur sort que sa sœur, car elle aussi ouvrit la porte et vit la chambre sanglante avant de payer sa curiosité de sa vie. Alors le sorcier s’en alla chercher la troisième sœur, qui était plus intelligente et plus maligne.

Lorsque le sorcier lui eut remis les clefs et l’œuf et qu’il s’en fut allé, elle prit d’abord soin de mettre l’œuf en sûreté, puis elle visita toute la maison. Elle entra finalement  dans la chambre interdite. Hélas! Qu’y vit-elle? Ses deux sœurs bien-aimées, cruellement assassinées et découpées en morceaux qui gisaient dans le bac sanglant à côté d’autres corps! Alors elle commença à rassembler leurs membres épars et elle les remit en ordre : la tète, le tronc, les bras et les jambes. Dès que les corps furent recomposés et que rien ne leur manquait, les différentes parties commencèrent à remuer et elles se ressoudèrent : les deux sœurs ouvrirent leurs yeux et se retrouvèrent en vie. Elles s’embrassèrent chaleureusement.

A son retour de voyage, l’homme réclama les clefs et l’œuf, et comme il ne décela aucune tache de sang il dit: « Tu as réussi l’épreuve: tu seras donc mon épouse. » Il n’avait désormais aucun pouvoir sur elle et devait, au contraire, faire tout ce qu’elle désirait. « Très bien, dit-elle, mais d’abord tu devras porter un grand sac plein d’or à mon père et à ma mère; et ce sac, tu devras le porter sur ton dos. Pendant ce temps, moi, je ferai les préparatifs de la noce. »

Elle courut retrouver ses sœurs cachées dans un cabinet, et leur dit: « Le moment est venu où je peux vous sauver! Le sorcier vous mènera lui-même à la maison à son insu, mais dès que vous serez arrivées, envoyez-moi vite du secours! » Elle les mit toutes deux au fond d’un sac, puis elle les recouvrit d’or afin qu’on ne puisse les voir. Puis elle appela le sorcier et lui dit: « Voilà, emmène ce sac, mais attention, ne t’arrête pas en chemin car je te surveillerai de ma petite fenêtre! ».  Le sorcier chargea le sac sur son dos et se mit aussitôt en route, mais il pesait si lourd que la sueur couvrait son visage. Alors il s’arrêta et s’assit pour se reposer un peu, mais de l’intérieur de la besace, une des sœurs  cria: « Je vois de ma petite fenêtre que tu te reposes! Allez, remets-toi en route ! ». Pensant que c’était sa fiancée, il se releva et se remit en route. Une nouvelle fois, il essaya de se reposer, mais cette fois encore la voix cria: « Je vois de ma petite fenêtre que tu te reposes! Allez, remets-toi en route ! ».  Chaque fois qu’il voulait s’arrêter, la voix le rappelait l’ordre et il dut marcher jusqu’à ce qu’il arrivât à bout de souffle,  à la maison des parents. Là, il déposa le sac contenant l’or et les deux sœurs.

Pendant ce temps, dans la maison, la fiancée préparait la noce et envoyait des invitations à tous les amis du sorcier. Quand elle eut fini, elle prit un crâne qui grimaçait de toutes ses dents, le para de bijoux et lui mit une couronne de fleurs. Elle le posa ensuite devant la fenêtre de la mansarde comme s’il regardait dehors.

Quand tout fut prêt, elle plongea dans un tonneau de miel puis elle découpa un édredon de plumes et elle se roula dedans : on aurait dit un oiseau merveilleux et personne ne pouvait la reconnaitre ainsi déguisée. Elle quitta  alors la maison du sorcier pour rentrer chez elle.

En chemin, elle rencontra un premier groupe d’invités, qui lui demandèrent :

Ô oiseau d’Ourdi, d’où viens-tu par ici?

De la maison de l’Ourdisseur Ourdi.

Que fait là-bas la jeune fiancée?

De la cave au grenier, elle a tout balayé,

A présent, de la lucarne elle voit venir les invités.

Plus loin, elle rencontra le fiancé en personne qui s’en revenait d’un pas lourd et lent, tant il était fatigué. Comme les autres, il l’interrogea:

Ô oiseau d’Ourdi, d’où viens-tu par ici?

De la maison de l’Ourdisseur Ourdi.

Que fait là-bas la jeune fiancée?

De la cave au grenier, elle a tout balayé,

A présent de la lucarne elle voit venir son fiancé.

 Le fiancé leva les yeux et vit le crâne couronné de fleurs et orné de bijoux. Il crut que c’était sa fiancée et il la salua aimablement d’un signe de tête. A peine pénétra-t-il dans la maison avec ses invités, que les frères et les parents de la fiancée envoyés pour la secourir, arrivèrent. Ils la savaient en lieu sûr désormais, aussi fermèrent-ils toutes les portes et les issues afin que personne ne puisse sortir et ils mirent le feu à la maison.

C’est ainsi que le sorcier et toute sa bande périrent dans les flammes.

FIN


  • Auteur : Grimm traduit par Anastasia Ortenzio
  • Illustration : legende-et-conte.com
  • Classement : AT 0313-A – The Girl Helps the Hero (mais cela me parait étonnant que l’on n’ait pas trouvé mieux pour ce conte…)

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 Conçu et proposé paAnastasia Ortenzio, conteuse

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