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L’étoile de Noël

L'étoile de Noël

 

L’étoile de Noël

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Résumé : Dans le ciel, une petite étoile ressent le besoin d’appartenir à quelqu’un. Elle descend sur la Terre et se retrouve dans une boutique de cadeaux de Noël. Un petit garçon la remarque et l’achète pour décorer le sapin de Noël. Mais l’étoile ignore que petit garçon est malade…

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« Venez mes petites étoiles chéries,  dit Mère Lune, je vais vous raconter l’histoire de Noël. »

Chaque matin, pendant la semaine qui précède Noël, Mère Lune appelait toutes les petites étoiles autour d’elle et elle leur racontait une histoire.

C’était toujours la même histoire, mais les étoiles ne s’en lassaient pas. C’était l’histoire de l’étoile de Noël, l’étoile de Bethléem.

Lorsque Mère Lune avait fini l’histoire les petites étoiles disaient toujours : «Et l’étoile brille toujours, même si nous ne pouvons pas la voir,  n’est-ce pas, Mère Lune? « 

Et Mère Lune répondait: «Oui, mes chéries, sauf que maintenant elle brille dans le cœur des hommes et non dans leurs yeux. »

Alors, les étoiles souhaitaient la bonne nuit à leur Mère Lune, mettaient leurs petits bonnets bleus et allaient se coucher dans la chambre du ciel,  car l’heure du coucher pour les étoiles, c’est le moment où les gens de la terre commencent à se réveiller et à apercevoir le matin.

Mais ce matin-là, lorsque les petites étoiles dirent bonne nuit et s’en allèrent tranquillement, une étoile d’or traînait encore à côté de Mère Lune.

– Que se passe-t-il ma petite étoile ? demanda Mère-Lune, pourquoi ne vas-tu pas avec tes petites sœurs ?

– Oh, Mère Lune, répondit l’étoile d’or, je suis tellement triste! J’aimerais tant pouvoir briller dans le cœur de quelqu’un comme l’étoile merveilleuse dont tu parles !

– Pourquoi, n’es-tu pas heureuse ici, au pays du ciel ? demanda Mère Lune.

-Si, j’ai été très heureuse, répondit l’étoile, mais ce soir il me semble que je doive trouver un cœur pour lequel briller.

Bien, si c’est ainsi ma petite étoile, le temps est venu pour toi, de franchir la Porte des Merveilles.

La Porte des Merveilles ? Qu’est-ce que c’est? Demanda l’étoile.

Mais Mère Lune ne répondit pas. Elle se leva et prenant la petite étoile par la main elle la conduisit jusqu’à une porte qu’elle n’avait jamais remarquée auparavant. Mère Lune ouvrit la porte qui donnait accès à un long couloir sombre : tout au bout brillait un petit point lumineux

– Qu’est ce que c’est ? Demanda l’étoile

– C’est la Porte des Merveilles, et c’est par là que tu dois passer pour trouver le cœur auquel tu appartiens, dit Mère Lune.

Alors la petite étoile eut peur. Elle avait envie de passer par la Porte car elle n’avait jamais souhaité autre chose auparavant, et pourtant elle avait peur : elle s’accrocha à Mère Lune. Mais tout doucement, un peu tristement aussi, Mère Lune retira sa main : Va, mon enfant, dit-elle.

A la fois inquiète et tremblante, la petite étoile entra alors dans le Monde des Merveilles et la porte de la maison du ciel se referma derrière elle.

Ce que l’étoile vit ensuite, c’était qu’elle était suspendue dans un magasin de jouets avec toute une rangée d’autres étoiles bleues, rouge et argent. Elle-même était dorée. Une odeur de feuilles persistantes régnait dans le magasin qui était rempli de gens venus faire les courses de Noël : des hommes, des femmes et des enfants. Mais la petite étoile ne regardait qu’un petit garçon debout devant le comptoir : elle savait, dès l’instant où elle l’avait vu que c’est à lui qu’elle appartenait.

Le petit garçon se tenait debout à côté d’une femme au doux visage couvert d’un long voile noir et il ne regardait rien en particulier. Sur son fil, l’étoile frémit : elle craignait que l’enfant ne la remarque pas, ou s’il la voyait, qu’il ne sache pas que c’était SON étoile.

La femme posait un bon nombre de jouets devant elle, sur le comptoir, et elle disait : «Je pense que nous avons des cadeaux pour tout le monde : voici la poupée pour Lou, le jeu pour Ned, la boîte à musique pour May, et aussi le cheval à bascule et le traîneau « .

Soudain, le petit garçon l’attrapa par le bras.  » Oh, maman !  » dit-il. Il avait vu l’étoile !

– Eh bien, qu’y a-t-il mon chéri ? demanda la femme.

– Oh, maman, je viens juste de voir cette étoile là-haut! J’aimerais, oh ! j’aimerais tant l’avoir !

– Oh mon chéri, nous avons tellement de choses pour l’arbre de- Noël, dit la mère.

– Oui, je sais, mais je voudrais l’étoile, dit l’enfant.

– Très bien, dit la mère en souriant, alors nous allons la prendre aussi.

L’étoile fut donc décrochée et enveloppée dans un papier, et elle se réjouissait car désormais elle appartenait au petit garçon.

Ce ne fut que l’après-midi de la veillée de Noël, lorsque l’arbre fut décoré, qu’on déballa l’étoile d’or.

– Voici encore une chose, dit la femme au doux visage, nous devons accrocher ceci sur l’arbre. Paul s’est tellement entiché de cette étoile que j’ai du la lui acheter. Il ne sera pas content si nous ne l’accrochons pas aussi.

– Oh oui ! s’exclama celui qui l’aidait à décorer l’arbre, nous allons l’accrocher ici au sommet.

Alors, la petite étoile fit accrochée sur la plus haute branche du sapin de Noël.

Ce soir-là toutes les bougies de l’arbre de Noël furent allumées, et il y en avait tant qu’elles éblouissaient. Les boules d’or et d’argent ainsi que les fées et les fruits en verre brillaient et scintillaient dans la lumière, et tout au sommet, resplendissait l’étoile d’or.

A sept heures, une cloche sonna et on ouvrit les portes-battantes de la salle où se trouvait le sapin de Noël, et un  groupe d’enfants arriva. Ils riaient, criaient, parlaient tous ensemble, et bientôt il y eut de la musique puis on prit les cadeaux qui étaient sous le sapin et on les distribua aux enfants.

Comme c’était différent de la maison du ciel, si spacieuse et immobile ! Mais l’étoile n’avait jamais été aussi heureuse de sa vie car le petit garçon était là. Il se tenait à part des autres enfants et les mains jointes dans le dos, il admirait l’étoile sans se soucier des jeux et des jouets.

Puis tout prit fin. On éteignit les lumières, les enfants rentrèrent chez eux et la maison redevint silencieuse.

Alors, les décorations du sapin commencèrent à parler entre elles.

-Ainsi c’est fini, dit une boule d’argent. C’était très gai ce soir, le Noël, le plus joyeux dont je me souvienne !

-Oui, reprit une grappe de raisins en verre, le meilleur est passé ! Bien sûr les gens viendront nous regarder pendant plusieurs jours encore, mais ce ne sera plus comme ce soir.

-Et puis je suppose que nous allons être mises de côté pour l’année suivante, dit une fée de papier. Je me demande si ça en vaut vraiment la peine : ne rester exposée que si peu de jours et puis être de nouveau enfermée dans une boîte sombre. Je préfèrerais encore être une poupée de papier mâché.

La grappe de raisin s’était trompée en pensant que les gens viendraient voir le sapin de Noël, car il resta dans la bibliothèque, oublié de tous, car personne ne vint.

Dans la maison tous avaient des mines inquiètes et se déplaçaient sans faire de bruit car le petit garçon était malade. Enfin, un soir, une femme entra dans la pièce avec un domestique. La femme portait une tenue d’infirmière.

« C’est ça », dit-elle en montrant l’étoile dorée du doigt. Le domestique monta sur une échelle et décrocha l’étoile qu’il mit dans la main de l’infirmière. Elle l’emporta dans le hall et alla ensuite à l’étage dans une chambre où le petit garçon était couché. La femme au doux visage était assise près du lit, et quand l’infirmière arriva, elle leva la main vers l’étoile. « Est-ce que c’est cela que tu voulais, mon chéri ? » demanda-t-elle, en se penchant sur l’enfant. Le petit garçon hocha la tête et tendit ses mains vers l’étoile, et comme il la saisit, un merveilleux sourire illumina son visage.

Le lendemain matin, la chambre du petit garçon était silencieuse et sombre.

Le bout de papier doré qui avait été étoile se trouvait sur une table à côté du lit, ses cinq pointes étaient très effilées et brillantes. Mais ce n’était pas la vraie étoile, pas plus que le corps d’une personne n’est la personne réelle.

Maintenant, la vraie étoile vivait et brillait dans le cœur du petit garçon, et elle était partie avec lui  dans un nouveau pays du ciel, bien plus beau que tout ce qu’elle avait connu jusqu’alors, le pays où des anges-enfants vivent, chacun portant en son cœur sa propre étoile.

FIN


  • Auteur : Katherine Pyle, Conte de Noël
  • Traduction : Anastasia Ortenzio

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