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Les trois soldats

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Les trois soldats

© Conte merveilleux

 Résumé :  Grâce à leur bonté, trois soldats reçoivent une bourse, une nappe et un sifflet magiques qu’ils mettront en gage lors d’une partie de cartes avec une princesse. Celle-ci a promis d’épouser celui qui sera capable de la battre au jeu. Mais après avoir mangé un certain fruit, des cornes poussent sur sa tête. Qui saura l’en débarrasser?

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Il était une fois trois soldats qui revenaient de guerre : l’un était un sergent, le deuxième caporal et le troisième, simple soldat. Une nuit, comme ils se trouvaient dans une forêt et ils firent un feu et le sergent monta la garde tandis que les autres s’endormaient. Alors qu’il allait et venait, une vieille femme, pliée en deux, vint à lui et lui dit:
S’il vous plaît, monsieur, puis-je me réchauffer à votre feu?
– Mais certainement, petite mère, venez et réchauffez-vous autant que vous voulez!
Alors la vieille femme s’assit auprès du feu pendant un certain temps, et quand elle se fut bien  réchauffée, elle dit au sergent :
– Merci, soldat, voici quelque chose pour votre peine. Et elle lui tendit une bourse, qui semblait ne rien contenir.
– Oh, merci, m’dame, répondit le sergent, mais je vous en prie, ne vous en privez pas, d’autant plus qu’il n’y a rien dedans !
– Maintenant peut-être , répondit la vieille femme, mais prenez-la dans votre main et retournez-la ; pendant que vous la tiendrez ainsi, des pièces d’or en tomberont. 
Il la prit, et, bien sûr, quand il la retourna, il en sortit des pièces d’or. Il la remercia donc, chaleureusement et elle partit.

La nuit suivante, c’était au tour du caporal de monter la garde, et la vieille femme s’approcha et lui demanda de s’asseoir à côté de feu.
– Bien sûr M’dame, dit-il, vous êtes la bienvenue. Je sais ce que c’est que d’être glacé jusqu’aux os !
Alors la vieille femme s’assit auprès du feu pendant un certain temps, et au moment de partir, elle donna une nappe au caporal.
– Merci beaucoup, m’dame dit-il, mais nous, soldats,  utilisons rarement des nappes lorsque nous mangeons nos rations
– Oui, mais celle-ci vous fournira des vivres, dit la vieille femme. Chaque fois que vous la mettrez sur une table ou sur le sol et direz « Nappe, couvre-toi ! », apparaîtront aussitôt les mets les plus délicieux !
– Si c’est le cas, déclara le caporal, je l’accepte et je vous en remercie.
Et la vieille femme était à peine partie que le caporal réveilla ses camarades et cria « Nappe, couvre-toi », et bien sûr, les mets les plus délicieux apparurent aussitôt.
 
La nuit suivante, le simple soldat faisait les cent pas, lorsque la vieille femme apparut de nouveau et lui demanda la permission de s’asseoir au coin du feu.
– Bien sûr ! dit le soldat, vous êtes aussi bienvenue que pourrait l’être ma propre mère.
Et après s’être réchauffée quelque temps auprès du feu, elle se leva et dit:
– Merci beaucoup, monsieur, j’espère que ceci vous paiera de votre peine. Et elle lui donna un sifflet.
– Et à quoi cela me servirait-il, dit le soldat,  je ne peux pas siffler !
– Mais vous pouvez souffler, dit-elle, et quand vous soufflerez, surgira un régiment d’hommes armés qui feront tout ce que vous leur direz de faire.
Et sur ce, la vieille femme s’en alla, et ils ne la virent jamais plus.

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Les trois soldats continuèrent à voyager ainsi, jusqu’à ce qu’ils arrivent dans une ville où il y avait une princesse, si fière de savoir bien jouer aux cartes qu’elle avait accepté d’épouser elui qui saurait la battre. Il faut savoir que le sergent était également très fier de son adresse aux cartes, et il pensa qu’il pourrait tenter sa chance avec la princesse. Aussi, il se rendit au palais et il offrit de faire une partie avec elle, mais elle lui dit :
Quels est votre enjeu ? Si je perds, je devrai vous épouser. Mais si vous perdez que perdrez-vous ?
Et le sergent répondit : Je perdrai ma bourse.
-Comment ! Que vaut une bourse sans rien dedans ! s’exclama la princesse.
– Il n’y a peut-être rien dedans, maintenant, mais regardez bien ! reprit le sergent. Il retourna la bourse et mit sa main sous elle, et  tant qu’il la tint ainsi retournée, la bourse déversa des pièces d’or dans sa main.
Alors, la princesse accepta de jouer pour la bourse. Mais elle avait placé un miroir derrière la tête du sergent et elle pouvait ainsi, voir toutes ses cartes. Aussi, elle gagna facilement, et il dut renoncer à sa bourse.

Mais cette princesse était si charmante que le sergent était tombé amoureux d’elle, et quand il retourna  auprès de ses camarades, il demanda  au caporal de lui prêter sa nappe. Et il retourna auprès de la princesse et  il lui dit:
-Voulez-vous jouer avec moi pour cette nappe?
Et elle répondit : « C’est peut-être une très belle nappe, mais l’enjeu n’est pas équitable ».
Alors il la posa sur la table et dit: «Nappe, couvre-toi». Et les mets les plus délicieux, la couvrirent aussitôt.
Comme la princesse ne doutait pas qu’elle le battrait, elle accepta de le jouer pour la nappe, et, bien sûr, grâce au miroir, elle remporta la nappe.
La même chose se produisit quand il emprunta le sifflet du soldat et tenta à nouveau sa chance avec la princesse. Mais cette fois, il vit ce qu’elle faisait, et il sut qu’elle trichait mais il n’osait pas le dire. Il perdit à nouveau et retourna auprès de ses camarades, leur demandant de le pardonner, car il ne pouvait pas gagner puisque la princesse trichait. Alors que ses amis lui pardonnèrent, puis tous partirent, chacun de son côté.
 
Le sergent errait de long en large, il errait par ci, il errait par là,  jusqu’à ce qu’il arrive sur la rive d’un cours d’eau sur lequel poussaient des figuiers, avec des fruits blancs et noirs. Il  cueillit quelques figues des différents arbres, et s’assit sur la berge pour les manger. Il mangea une figue noire, et ayant soif, il descendit à la rivière pour boire de l’eau, mais comme il regardait, il vit qu’au lieu de deux oreilles, il avait deux cornes de part et d’autre de sa tête, exactement comme une chèvre. Il ne savait pas quoi faire, mais comme il avait encore faim, il mangea une figue blanche, et lorsqu’il alla boire à nouveau, il vit que les cornes avaient disparu. Il sut alors que les figues noires avaient fait pousser les cornes et les blanches les faisaient disparaitre.
Il en amassa un peu plus et il se rendit au palais de la princesse. Où il lui fit parvenir une portion de figues noires comme un cadeau d’un admirateur.
 
Et après un certain temps, la rumeur courut dans la ville que la princesse avait des cornes sur la tête, et qu’elle donnerait n’importe quoi à la personne qui pourrait les lui enlever.
Alors, le sergent se rendit au palais et se présenta devant la princesse. Il lui dit :
– Je peux enlever tes cornes, mais je veux ma bourse, ma nappe, et mon sifflet en retour.
Elle ordonna que ces objets fussent ramenés et promit de les lui rendre dès que les cornes auraient disparu.
Il lui donna une figue blanche, et dès qu’elle l’eut mangée, les cornes disparurent. Il prit la bourse, la nappe, et le sifflet, puis il dit :
-Maintenant, veux-tu m’épouser?
-Non, répondit-elle, pourquoi devrais-je?
-Parce que vous n’avez pas gagné équitablement.
-Peut-être bien, ou peut-être pas, et quand bien même, je ne vois pas pourquoi je devrais t’épouser !
Alors il souffla dans le sifflet, et le palais fut envahi par un régiment de soldats. Et le sergent dit :
– Si vous ne m’épousez pas, ces hommes saisiront votre père et je m’emparerai de son trône.
La princesse l’épousa donc, et il envoya chercher le caporal et simple soldat qu’il rendit riche et prospères, et tous vécurent heureux et contents.

FIN



Commentaire : Ce conte existe sous une forme beaucoup plus élaborée dans le légendaire des slaves du Sud. L’histoire des cornes qui poussent à cause des figues est beaucoup plus détaillée dans l’autre conte : plus la princesse en mange et plus les cornes poussent, à la fin, sa tête est couronnée de nombreuses cornes…  J’essaierai d’insérer cette version qui est beaucoup plus complète et compréhensible, mais… tellement plus longue…

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