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Les six frères cygnes, conte de Grimm


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Les six frères cygnes

conte de Grimm

Résumé : Une méchante reine transforma les six fils de son mari en cygnes. Leur soeur, voulut leur rendre leur apparence humaine. Pour cela elle ne devait ni rire ni parler pendant six ans. durant lesquels elle devait coudre six chemises en fleurs d’aster (marguerites). Ebloui par sa beauté, un roi l’épousa. Elle en eut trois enfants que sa belle-mère enleva, faisant croire  que le jeune femme les avait dévorés. La jeune reine, ne pouvant parler pour se défendre fut donc condamnée à être brûlée vive. Mais les six cygnes arrivèrent et reprirent leur forme humaine grâce aux six chemises confectionnées par leur soeur. La vérité fut révélée et tout finit bien. Pas pour tous!

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Il y avait un roi qui chassait dans une forêt. Il poursuivait sa proie avec tant d’ardeur que personne parmi ses gens ne pouvait le suivre. Comme le soir tombait, il s’arrêta, regarda autour de lui et s’aperçut qu’il était perdu. Il chercha un moyen de sortir de la forêt, mais il ne put en trouver aucun. Il vit alors une vieille femme à la tête branlante qui s’approchait de lui. C’était une sorcière.

– Chère grand-mère, peux-tu me dire comment sortir de ce bois ? demanda-t-il.
– Mais oui, majesté, répondit-elle, je le peux, en effet, mais à une condition. Si vous ne la remplissez pas, vous ne sortirez jamais de ce bois et vous y mourrez de faim.
– Quelle est cette condition ? dit le roi.
– J’ai une fille, si belle que vous ne pourriez en trouver une semblable dans le monde entier. Elle  mérite de devenir votre femme. dit la vieille. Si vous en faites votre reine, je vous dirai comment sortir de cette forêt.

Le roi avait si peur qu’il accepta et la vieille le conduisit à sa maison, où sa fille était assise auprès du feu. Elle accueillit le roi comme si elle l’avait attendu. Il vit qu’elle était vraiment très belle, mais malgré cela, elle ne lui plut pas, et il ne pouvait la regarder sans frémir secrètement. Après avoir fait monter la jeune fille devant lui sur son cheval, la vieille femme lui indiqua le chemin, et le roi parvint à son château où le mariage fut célébré.

 Le roi avait déjà été marié, et de sa première femme il avait eu sept enfants : six garçons et une fille. Il les aimait plus que tout au monde. Craignant que leur marâtre ne les traite pas bien et qu’elle puisse même leur nuire, le roi les emmena dans un château isolé situé au milieu d’une forêt. Il était si bien caché et le chemin qui y menait était si difficile à trouver, qu’il ne l’aurait lui-même pas découvert, si une sage femme [1] ne ​​lui avait offert une pelote de laine magique. Lorsqu’il la jetait devant lui, elle se déroulait et lui indiquait le chemin à suivre.  Cependant, le roi allait voir ses chers enfants si souvent, que la reine finit par remarquer ses absences. Curieuse, elle voulut savoir ce qu’il allait faire tout seul dans la forêt. Elle donna une grosse somme d’argent à ses serviteurs et ceux-ci lui révélèrent le secret de son époux et lui parlèrent de la pelote de laine qui savait montrer le chemin.

Elle n’eut de repos tant qu’elle n’eut découvert où le roi cachait la pelote de laine. Elle confectionna alors des petites chemises de soie blanche, et comme sa mère lui avait enseigné l’art de la sorcellerie, elle cousit un gri-gri magique dans chacune d’elles. Puis, un jour que le roi était parti  à la chasse, elle prit les petites chemises et s’alla dans la forêt. La pelote de laine lui montrait le chemin.

En voyant quelqu’un qui arrivait de loin, les enfants pensèrent que c’était leur cher père qui venait à eux. Tout heureux, ils coururent à sa rencontre. Alors  sur chacun  d’eux, elle jeta une chemise et dès qu’elles touchèrent leurs corps, les enfants se transformèrent en cygnes et s’envolèrent au-dessus des bois. Persuadée d’avoir réussi à se débarrasser de ses beaux-enfants, ravie, la reine rentra chez elle. Mais la fillette n’avait pas couru avec ses frères et la reine ne le savait pas.

Le lendemain, le roi alla rendre visite à ses enfants, mais il ne trouva que sa fille.

– Où sont tes frères ? demanda-t-il.
-Oh, mon père, répondit-elle, ils ont disparu et m’ont laissée seule.

Alors elle lui dit comment, de sa fenêtre, elle avait vu ses frères s’envoler sous forme de cygnes au-dessus des bois. Elle lui montra les plumes qu’ils avaient laissées tomber dans la cour et qu’elle avait ramassé.

Le roi pleura, mais il ne pensa pas que la reine avait fait cette mauvaise action. Craignant que la jeune fille ne lui soit également enlevée, il voulut l’emmener avec lui, mais elle avait peur de sa belle-mère, aussi elle pria le roi de la laisser passer une nuit encore dans le château de la forêt.

 La pauvre fille pensait : « Je ne resterai pas longtemps ici. Je vais aller à la recherche de mes frères. » Et lorsque la nuit fut venue, elle s’enfuit et s’enfonça tout droit dans la forêt. Elle marcha toute la nuit sans s’arrêter et le lendemain elle continua encore, jusqu’à ce qu’elle fût trop fatiguée pour aller plus loin. Elle vit alors une cabane de chasseur et elle entra. Elle y découvrit une chambre avec six petits lits, mais elle n’osa pas se coucher dans l’un d’eux. Au lieu de cela elle se glissa sous un lit et s’allongea sur le sol dur où elle comptait passer la nuit.

Le soleil allait se coucher lorsqu’elle entendit un bruissement et elle vit six cygnes entrer par la fenêtre. Ils se posèrent sur le sol, soufflèrent, secouèrent leurs plumes qui tombèrent et leurs peaux de cygne glissèrent à terre comme des chemises.  La jeune fille les regarda et reconnut ses frères. Toute heureuse, elle rampa de dessous le lit. Les frères n’étaient pas moins heureux de voir leur petite sœur, mais leur joie fut de courre durée.

– Tu ne peux rester ici, lui dirent-ils. C’est un repaire de brigands. S’ils te trouvent à la maison quand ils reviendront, ils te tueront.
– Vous ne pouvez pas me protéger ? demanda la petite sœur.
– Non, répondirent-ils.  Nous pouvons quitter nos peaux de cygne durant un quart d’heure seulement, chaque soir. Nous ne reprenons notre apparence humaine que pendant ce laps de temps, après nous redevenons des cygnes.
– Ne pouvez-vous pas être sauvés ? reprit la petite en pleurs.
– Hélas, non, répondirent-ils, les conditions sont trop difficiles. Tu n’aurais pas le droit de parler ou de rire pendant six ans, et pendant ce temps tu devrais nous confectionner six petites chemises faites en fleurs d’asters. Et il suffirait qu’un seul mot sorte de ta bouche, pour que tout ton travail soit perdu.

Les six frères avaient parlé et le quart d’heure s’était écoulé. Redevenus cygnes, ils s’envolèrent à nouveau par la fenêtre.

 Cependant, La jeune fille était  fermement résolue à sauver ses frères, quand bien même cela devait lui coûter la vie. Elle quitta la hutte du chasseur, gagna le cœur de la forêt, grimpa sur un arbre , et y passa la nuit. Le lendemain matin, elle cueillit des fleurs d’asters et se mit à coudre. Elle n’avait personne à qui parler et elle n’avait aucune envie de rire. Elle restait assise là, ne s’occupant que son travail. Elle avait déjà passé beaucoup de temps à coudre ainsi, lorsqu’il advint que le roi du pays alla chasser dans la forêt.  Ses hommes s’approchèrent de l’arbre sur lequel se tenait la jeune fille. Ils l’appelèrent : « Qui es-tu ? «  lui demandèrent-ils. Mais elle ne répondit pas. « Descends, nous ne te ferons aucun mal »  ajoutèrent-ils. Elle secoua seulement la tête. Comme ils continuaient à la presser de questions, elle lança son collier d’or à leurs pieds, espérant les satisfaire. Mais ils n’en démordaient pas. Alors, elle leur lança sa ceinture et comme cela ne leur suffisait toujours pas, elle lança sa jarretière puis, petit à petit, tout ce qu’elle portait  sur elle et dont elle pouvait se passer, si bien qu’il ne lui resta plus que sa petite chemise. Mais les chasseurs n’en furent pas satisfaits. Ils grimpèrent sur l’arbre, s’emparèrent de la jeune fille et la conduisirent au roi.

– Qui es-tu, que fais-tu sur cet arbre ? demanda le roi.

Elle ne répondit pas.  Il lui posa des questions dans toutes les langues qu’il connaissait, mais elle resta muette comme une carpe. Elle était si belle, que le roi en fut ému et il tomba profondément amoureux d’elle. Il l’enveloppa de son manteau, la prit sur son cheval et l’emmena dans son château. Il la fit  revêtir de somptueux habits et elle resplendissait de beauté comme la lumière du jour, mais personne ne put lui arracher la moindre parole.

À table, il la fit asseoir à ses côtés et ses manières courtoises ainsi que sa modestie lui plurent tant qu’il annonça : « Je veux l’épouser, elle et personne d’autre au monde« . Quelques jours plus tard, ils étaient mariés.

Or, le roi avait une mère méchante, à qui ce mariage ne plaisait pas et qui disait du mal de la jeune reine : « Qui sait d’où vient cette fille qui ne parle pas, disait-elle,  elle n’est pas digne d’un roi !« 

 Au bout d’un an, alors que la jeune reine avait mis son premier enfant au monde,  la vieille le lui enleva pendant qu’elle dormait et elle lui barbouilla les lèvres de sang. Elle se rendit ensuite auprès du roi et elle  accusa sa femme d’être une cannibale. Le roi ne put le croire et ne permit pas qu’on lui fit le moindre mal. Pendant ce temps, la jeune reine  cousait toujours ses chemises, ne prêtant attention à rien d’autre.

 Une fois suivante, lorsque la jeune reine donna naissance à un beau garçon, la perfide belle-mère recommença, mais le roi ne put croire ses accusations. Il dit : « Elle est trop pieuse et trop bonne pour faire une telle chose. Si elle n’était pas muette et pouvait se défendre, son innocence éclaterait au grand jour!« .

Mais lorsque pour la troisième fois  la vieille enleva le nouveau-né et accusa la reine qui ne disait aucun mot pour se défendre, le roi n’eût d’autre choix que de la traduire en justice et elle fut condamnée à être brûlée vive.

Quand vint le jour où le verdict devait être exécuté, c’était également le dernier jour des six années au cours desquelles la jeune femme n’avait ni le droit de parler ni celui de rire et où elle pourrait libérer ses frères chéris de la malédiction. Les six chemises étaient achevées. Il ne manquait que la manche gauche de la dernière. Quand on la conduisit au bûcher, elle posa les six chemises sur son bras.  Elle se tenait en haut du bûcher et comme on allait y mettre le feu, elle regarda autour d’elle et vit les six frères cygnes qui volaient vers elle.  Elle comprit que leur délivrance approchait et son cœur bondit de joie. Les cygnes s’approchèrent et descendirent en piqué vers elle, de sorte qu’elle put lancer les chemises sur leurs dos. Dès qu’elles les eurent atteints, les plumes de cygnes tombèrent et les frères apparurent devant elle en chair et en os, sains et saufs. Mais au plus jeune il manquait le bras gauche. À la place, il avait une aile de cygne. Ils s’étreignirent et s’embrassèrent. Alors la reine s’approcha du roi complètement bouleversé, et elle commença à parler :  » Mon cher époux, dit-elle, maintenant je peux te parler et te dire que je suis innocente et que l’on m’a accusée à tort« . Elle lui parla de la trahison de la vieille reine qui avait enlevé et caché ses trois enfants. Pour la plus grande joie du roi, ils lui furent ramenés.

Comme châtiment, l’horrible belle-mère fut attachée au bûcher et réduite en cendres. Quant au roi et à la reine avec ses six frères, ils vécurent de longues années dans la pais et le bonheur.

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  • Titre : Les six frères cygnes
  • Auteurs : Jacob and Wilhelm Grimm
  • Traduction Anastasia Ortenzio pour legende-et-conte.com
  • Classification : Conte-Type 451, « The Brothers Who Were Turned into Birds » (Les frères transformés en oiseaux)
  • Illustration : Anne Anderson

[1] La plupart du temps, c’est le mot « fée » qui est employé pour indiquer une « Femme Sage ».

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Un commentaire

  1. à la fois je trouve intéressant de faire circuler les contes de référence tels ceux rapportés par les frères Grimm, en même temps je regrette que ce soit au détriment d’une réclusion dans l’ombre pour d’autres versions tout aussi intéressantes, tells que, par exemple :

    Les frères loups, conte croate, rapportés par Oldrich SIROVATKA et Rudolf LUZIK, « Contes slaves », éd. Gründ, Paris, 1971, p. 151
    Les sept garçons et leur soeur, Conté en 1880. par Jacquemine Nicolas, de Saint-Cast, femme de Julien Gourhan, âgée de 60 ans environ… recueilli et publié par Paul SEBILLOT, Contes des Paysans et des Pêcheurs.1881 (rééd. Terre De Brume.1999), p. 165
    Les sept frères, transcrit par Jeanne Malivel, sans doute vers 1919, sous la dictée de sa grand-mère paternelle, née Beaufils à Noyal-sur-Seiche, publié par Jean Le Clerc de La Herverie précise (Musique Bretonne, N° 149, mai-juin 1998, p. 22)
    Le chemin du Paradis, Conté par Julie Jamelot, ravaudeuse, à Rennes, collecté et publié par Adolphe ORAIN, contes de l’Ille-et-Vilaine, 1901, Maisonneuve & Larose, rééd. 1968, p. 112

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