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Le Roman de Renart et Brun l’ours

Renart-et-Brun-l'ours,-conte en ligneLe roman de Renart et Brun l’ours 

Conte facétieux, fable

 

A partir du jour où le goupil avait pénétré dans son poulailler, Constant de Noes  guetta Renart.  Il dressa  ses chiens et tendit mille pièges autour de son domaine. Renart fut bien ennuyé quand il apprit la chose et qu’il dut cesser d’aller croquer les grasses volailles du fermier. Mais il avait plus d’un tour dans son sac et il lui vint l’idée de s’adjoindre un complice pour détourner l’attention des vilains. Ainsi, songeant que Brun l’ours était gros et facile à voir, et qu’on s’en prendrait plutôt à lui s’ils étaient ensemble, il s’en fut dans la forêt trouver ce dernier.

– Ah! fit-il, messire Brun, quel gâteau de miel j’ai déniché pour vous!

– Où cela ? demanda l’ours avec gourmandise.

– Chez  Constant de Noes.

– Et pourrai-je y mettre les pattes ?

– Les pattes et le museau, je vous le garantis ! Vous n’aurez jamais connu pareil régal…

Sans attendre, les deux compères s’en furent de compagnie jusqu’à la ferme, se glissèrent dans  le verger et se tapirent au milieu des choux.

– Où est ce miel dont vous m’avez parlé ? demanda Brun avec impatience.

– Ne bougez pas ! répondit Renart, restons là tranquillement jusqu’à la tombée de la nuit. Je vous conduirai alors vers votre gâteau. En attendant, ouvrons l’œil.

Mais Renart lui-même ne put se tenir coi ; en levant la tête, il aperçut des poules  vaguant dans le courtil et l’eau lui vint à la bouche. Il se jeta sur l’une et la saisit dans sa gueule ; les autres se sauvèrent en piaillant. Au bruit, les vilains[1] armés de bâtons accoururent de tous côtés en couvrant Renart de huées. Voyant cela, Brun l’ours fit demi-tour au grand galop, et comme Renart avait déjà décampé, toute l’attaque se retourna sur lui.

Holà cria-t-il, sire Renart, allez –vous me laisser là ?

Que chacun se débrouille de son mieux, beau sire Brun ! répondit Renart. Maintenant il faut trotter. Si votre fourrure vous paraît trop lourde, ne vous en souciez plus : un autre la portera bientôt à votre place. Quand à moi, je cours porter cette poule à la cuisine. A quelle sauce la voulez-vous ?

Là-dessus, le traître se défila, laissant Brun tout seul en face de l’ennemi qui lui fit payer au centuple, à coups de flèches, d’épieux et de massues, la poule que Renart avait mangée.

FIN

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Note : Au Moyen-Age  goupil était le nom commun pour désigner le renard mais de nos jours, le mot goupil n’est plus utilisé et c’est le nom propre qu’il porte dans la fable, Renart,  qui a prévalu pour désigner cet animal rusé. Seule a changé la terminaison, le  » t » devenant « d ».

Auteur : Anonyme. Fabliaux du Moyen Age,paru sous le titre « Le Roman de Renart » adapté par Jean Sabran (Bibliothèque Rouge et Bleue, 1953)

Illustrations : Guy Sabran.

Coloriage associé : Renart et Brun l’ours

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[1] paysans

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