Contes et comptines à lire en ligne

La souris de ville et la souris des champs

La souris de ville et la souris des champs, conte en ligne

  La souris de ville et la souris des champs

 

Sara Cône-Bryant

 

Un jour d’été, une petite souris qui vivait dans un joli nid suspendu à une grosse tige de blé, invita une de ses cousines, qui habitait la ville voisine, à venir passer la journée avec elle.

La souris citadine admira beaucoup les beaux épis dorés et les coquelicots rouges, mais elle trouva le dîner un peu maigre.

– Comment ! dit-elle, tu n’as à manger que des grains de blé et d’orge, et quelques racines ? Ce n’est pas vivre ça ! Moi j’ai toutes sortes de bonnes choses à grignoter tous les jours ! Viens me rendre ma visite et tu verras.

La petite souris des champs fut très contente de cette invitation, et, dès la semaine suivante, elle se rendit à la ville, chez sa cousine, qui habitait la maison d’un riche négociant.
Sa cousine la reçut très bien, et la mena d’abord dans le placard de la cuisine. Là, sur la planche d’en bas, derrière des jarres en grès, il y avait un pain de sucre blanc. La souris de ville fit un petit troue dans le papier avec ses dents, et toutes deux se mirent à grignoter.
La petite souris des champs pensait qu’elle n’avait jamais rien goûté d’aussi bon, quand tout à coup la porte du placard s’ouvrit brusquement : bang ! C’était la cuisinière qui venait chercher la farine.

– Vite ! vite ! Sauvons-nous ! Chuchota la souris des champs et toutes les deux s’échappèrent par le petit tous qui les avait laissées entrer.

La souris des champs était toute tremblante ; mais l’autre dit : « Ce n’est rien, elle va s’en aller, et nous reviendrons. »
Elles revinrent en effet, et, cette fois, elles grimpèrent tout en haut, sur la planche supérieure où il y avait un bocal plein de pruneaux. Avec bien de la peine, elles tirèrent un pruneau qu’elles se mirent à ronger. C’était encore meilleur que le sucre ! Les dents de la petite souris ne pouvaient pas aller assez vite. Mais tout à coup on entendit un grattement à la porte du placard, et un mi a o !…

Qu’est ce que c’est que ça ? demanda la souris des champs.
–  Chu…u…u…t ! dit sa cousine en courant à son trou, où sa camarade la suivit aussi vite qu’elle put. Et quand elles furent en sûreté :
– C’est Mistigris, le gros chat de la maison, dit la grosse souris, il n’a pas son pareil pour attraper les rats, et s’il nous avait vues !…
– C’est terrible dit la petite souris en frissonnant. Ne retournons pas au placard, veux-tu ?
– Non, dit la souris de ville, je vais te mener à la cave. Il y a quelque chose de délicieux, là-bas.

la souris de ville et la souris des champs, légende et conte.com

Les deux amies descendirent à la cave, et elles virent dans une vieille armoire des pots de beurre et des rangées de fromage de Hollande. Il y avait aussi des chaînes de saucissons et des barils de pomme sèches, et bien d’autres choses encore ! Ce que cela sentait bon ! La petite campagnarde courait de tous côtés, grignotant un bout de fromage par ci, un saucisson par là, quand elle vit un délicieux morceau de lard grillé dans une drôle de petite machine. Elle allait y porter la dent quand sa cousine l’appela :

Arrête ! Arrête ! ne va pas là ! C’est une trappe !
– Qu’est ce que c’est qu’une trappe ? demanda la petite souris en s’arrêtant.
Cette chose est une trappe, dit l’autre. Si tu avais touché le lard avec tes dents, quelque chose se serait décroché, et tu aurais été prise.

La petite souris regarda la trappe ; puis le lard ; puis sa cousine.

Avec ta permission, dit-elle, je pense que je m’en irai chez nous. J’aime mieux n’avoir à manger que du blé et des racines et être tranquille que d’avoir du sucre et du fromage  et d’être effrayée tout le temps !

De sorte que la petite souris des champs retourna à la campagne, et y vécut heureuse tout le restant de sa vie.

FIN
———-
Auteur : Sara Cône-Bryant (d’après les fables d’Esope et de Jean de la Fontaine)
Illustration : John Rae (adapté par legende-et-conte)
Coloriage associé : La souris de ville
———————

Autres contes de Sara Cône-Bryant 

  1. Aventures, de la petite souris
  2. Chat et le perroquet (le)
  3. Comment le sapin devint l’arbre de Noël
  4. Garçon qui criait au loup (Le)
  5. Petit bonhomme en pain d’épice (le)
  6. Petit sapin de Noël (le)
  7. Petite poule rouge (la)
  8. Petite tulipe rose (La)
  9. Piccola et le cadeau de Noël
  10.  Picorette
  11. Qui tua les bébés de la loutre ?
  12. Soleil et le Vent (le)
  13. La souris de ville et la souris des champs

Liste des contes publiés par ordre alphabetique : Liste des contes en ligne
Liste des contes en ligne  par auteur : Liste des contes par auteur

< conte précédent                                                                 conte suivant>

Incoming search terms:

Un commentaire

  1. Bonjour,
    merci pour ce travail, je veux juste vous signaler que « trap » est un faux ami et se traduit par « piège » (on retrouve la parenté ancienne dans « chausse-trappe », mais c’est devenu une exception).

J'aimerais avoir votre avis sur cet article. Laissez une trace de votre passage....

error: Ce contenu appartient à © Légende-et-conte.com Si cet article vous intéresse, vous pouvez reprendre un extrait sur votre site (une dizaine de lignes) en citant bien évidemment la source. Si vous souhaitez utiliser l’intégralité de l’article, merci de nous contacter.
Site Protection is enabled by using WP Site Protector from Exattosoft.com
%d blogueurs aiment cette page :