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Jean de L’Ours , conte en ligne de Monsieur Leroy

Jean-de-l'Ours

Jean de L’Ours

conte de Monsieur Leroy

Conte français, version normande     

 

Les versions les plus connues de ce très ancien conte traditionnel français (datant au moins du Moyen-Âge) sont celles de Paul Delarue et Marie-Louise Tenèze et Cosquin. Cette version, moins souvent référencée a la saveur des accents de Normandie où elle fut collectée par Monsieur Leroy en 1902.  Ce récit ne mentionne pas le fait que le géant – héros est le fils d’un ours et d’une femme. Il est à noter que ce conte est très connu dans les Pyrénées où le personnage de Jean de l’Ours est très présent dans le carnaval et ses rites .

Résumé : Jean de l’Ours, géant armé d’un tronc d’arbre, rencontre deux autre géants à la force colossale. Ils partent à l’aventure et luttent contre de nombreux adversaires dont des diables qui hantent un château, un ver maléfique, un monstre à sept têtes… Finalement Jean de l’Ours descend dans un gouffre  pour délivrer trois demoiselles et en ressort sur le dos d’un corbeau, mais l’aventure n’est pas finie car ses anciens compagnons l’ont trahi…


Autrefois (il y a si longtemps qu’on ne sait pas au juste à quelle époque) il existait dans notre pays un géant qui passait pour l’homme le plus fort de toute la terre. Dans ses voyages, il avait coutume de se servir d’un tronc d’arbre en guise de bâton, et on ne le connaissait que sous le nom de Jean de l’Ours qu’il devait sans doute à ses prouesses étonnantes et à sa force extraordinaire.

Un jour, en chassant dans une forêt, il fit rencontre d’un homme de sa taille, qui jouait au palet avec des meules de moulin. « Tiens, qu’il lui dit, te voilà, toi ! Je m’croyais le plus fort du monde, et pourtant ta force surpasse la mienne ! Eh bien, viens avec moi, à nous deux j’pourrons nous défendre si j’somme attaqués ! »

En marchant ensemble dans la forêt, ils rencontrèrent un autre colosse qui tordait des chênes pour se faire des harts. Jean de l’ours lui dit : « Tiens, te voilà, toi ! j’nous croyions tous les deux les plus forts du monde, et tu es encore plus fort que nous. Viens avec nous, à nous trois j’pourrons nous défendre si j’sommes attaqués ! »

Les voilà partis tous les trois, mais, tout en marchant, et devisant pour faire mieux connaissance, ils se trouvèrent ennuités dans la forêt. La nuit devint tellement noire qu’ils perdirent leur chemin.

Jean de l’Ours dit à celui qu’il avait trouvé occupé à jouer au palet avec des meules de moulin: – Monte sur un arbre, et regarde si tu vas voir de la lumière queuque part.

Cet homme étant monté au haut d’un chêne, dit à ses compagnons :

Je vois une lumière, mais très loin, très loin !
– Eh bien, reprit Jean de l’Ours, fais bien attention de quel côté, pour nous y diriger.

Guidés par celui qui avait aperçu cette lumière, ils se remirent en route ; après avoir marché quelque temps, ils arrivèrent à un château où ils demandèrent à passer la nuit. Le seigneur leur dit :

J’ai là, tout près d’ici, un vieux château abandonné que personne ne veut habiter parce qu’on croit qu’il y a des revenants. Si vous voulez vous y loger, je vous en donne la permission.
Nous voulons bien, dit Jean de l’Ours, moyennant que vous nous donniez ce que j’vas demander. Donnez-nous une torche pour nous éclairer, un bénitier contenant de l’eau bénite et un goupillon.

Dès qu’ils furent munis de ces objets, ils partirent tous les trois vers le château hanté, accompagnés d’un serviteur chargé de les y conduire. A peine arrivés, ils le renvoyèrent, allumèrent la torche et parcoururent les principales pièces de ce château qu’ils trouvèrent meublées comme si on avait l’habitude d’y séjourner, ce qui les surprit beaucoup. Ils ne furent pas moins étonnés de voir l’office garni de diverses provisions de bouche comme si des hôtes y étaient attendus. Alors Jean de l’Ours, qui avait chassé toute la journée et qui avait tué beaucoup de gibier, dit à celui qu’il avait trouvé le premier, jouant au palet avec des meules de moulin : « Tu vas nous faire cuire à souper, mais tu ne prendras dans l’office que ce qui nous est indispensable. Pendant ce temps, nous autres, nous allons faire une excursion autour du château, afin que personne ne vienne nous déranger. » N’ayant rien vu de suspect, ils rentrèrent bientôt et se mirent à jouer aux cartes tous les deux.

Quand le souper fut cuit, celui qui l’avait préparé dit :

Le souper est prêt.
– Eh bien, répondit Jean de l’Ours, serre tout ça dans le buffet, et après, tu vas aller nous tirer du vin. 

Quand cet homme arriva dans la cave pour avoir du vin, il y trouva un petit ver de terre qui lui barra le passage en disant : « Tu bois mon vin, tu manges mon pain, et tu n’m’inviterais pas seulement à en manger ma part ? » Puis le petit ver battit si fort le géant que celui-ci fut obligé de s’en revenir sans tirer du vin. Ses camarades, auxquels il conta son aventure, se moquèrent de lui.

Jean de l’Ours dit à celui qui avait tordu des chênes pour se faire des harts : « Va, toi, nous tirer du vin ! » Ce dernier s’empressa d’y aller, mais quand il entra dans la cave, il trouva le petit ver qui répéta ces paroles : « Tu bois mon vin, tu manges mon pain, et tu n’m’inviterais pas seulement à en manger ma part ? » En même temps le petit ver battit si fort le second géant qu’il revint aussi sans tirer du vin.

Surpris de leur échec, Jean de l’Ours dit à ses compagnons : « J’vous croyais forts, mais vous ne l’êtes pas. C’est à mon tour d’aller tirer le vin. » Arrivé à la cave, il y trouva le petit ver de terre qui lui dit comme aux autres : « Tu bois mon vin, tu manges mon pain, et tu n’m’inviterais pas seulement à en manger ma part ? » Mais Jean de l’Ours, en entendant ces mots, dégaina son sabre et coupa le petit ver en deux. Puis il tira du vin, remonta vers ses compagnons et leur dit : « Vous voyez bien que je suis plus fort que vous ! »

S’adressant alors à celui qui avait fait la cuisine : « Tu vas, lui dit-il, m’apporter sept fagots de bois et les mettre dans la cheminée. Tu vas ensuite, prendre sept bottes de foin, les tremper dans l’eau et les mettre par dessus. » Au moment où cet homme venait de placer la dernière botte, le diable descendit par la cheminée avec tous ses petits diablotins, qui se dispersèrent en un instant dans la cuisine.

Jean de l’Ours, sans se troubler, commanda à ses compagnons de mettre le feu aux fagots. Dès qu’ils commencèrent à flamber, il prit le bénitier et aspergea avec son goupillon de tous les côtés. Les diables atteints par l’eau bénite, coururent vers la cheminée pour la remonter, mais ils la trouvèrent remplie d’une fumée si épaisse et si aveuglante qu’ils ne purent se sauver assez vite pour échapper à une nouvelle et terrible aspersion que leur administra Jean de l’Ours. Ils disparurent enfin en poussant des cris épouvantables.

Après le départ des diables, les trois compagnons soupèrent gaiement, se couchèrent et passèrent une nuit fort paisible. Le lendemain, ils allèrent retrouver le seigneur du château et lui rapportèrent ce qui leur avait prêté. Ce dernier fut bien surpris de les retrouver vivants. Il leur dit :

Puisque vous êtes si forts et que vous avez pu passer paisiblement la nuit dans un château enchanté, je vais vous demander un grand service. J’ai mes trois demoiselles victimes d’un génie malfaisant qui les tient enfermées dans une carrière inaccessible, je voudrais bien que vous me les délivriez. Si vous y parvenez, je vous les accorderai en mariage.
 – Eh bien, dit Jean de l’Ours, nous essayerons.

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Les trois géants se rendirent à la carrière, en parcoururent les bords, mais ne purent en apercevoir le fond. Ils y jetèrent de grosses pierres, espérant, par la durée de leur chute, en évaluer approximativement la profondeur. Mais ce fut vainement qu’ils écoutèrent : aucun bruit ne parvint à leurs oreilles.

Loin de se décourager ils se mirent à tresser de la corde. Ils en tressèrent pendant sept années. Au bout de ce temps, ils pensèrent posséder une corde assez longue pour descendre jusqu’au fond de la carrière.

Alors Jean de l’Ours dit à celui qu’il avait trouvé jouant au palet avec des meules de moulin. « Descends le premier, toi ; voilà une sonnette, si tu te trouves embarrassé, tu la feras tinter et on te remontera ». Obéissant à cet ordre, l’homme se laissa descendre. Il était déjà arrivé à une très grande profondeur, quand tout à coup, sortant d’une sorte de caverne creusée dans les parois du précipice, une bête difforme, hideuse, effroyable, se présenta pour l’arrêter. Le corps de cette bête, recouvert d’écailles d’un aspect sinistre, était surmonté de sept têtes aux gueules menaçantes. Saisi d’épouvante et n’osant s’attaquer à pareil monstre, l’homme sonna de toutes ses forces et aussitôt ses compagnons le remontèrent.

Alors Jean de l’Ours s’adressant à celui qu’il avait trouvé tordantdes chênes pour se faire des harts, dit : « C’est à toi de descendre ». Muni de la sonnette, celui-ci disparut à son tour. Arrivé à la même profondeur que son compagnon, la bête aux sept têtes se présenta pour lui barrer le passage. Saisi d’épouvante, il agita éperdument la sonnette aussitôt ses compagnons le remontèrent.

Jean de l’Ours dit alors : « Je vous croyais bien forts tous les deux, mais je vois bien que vous l’êtes moins que moi, car vous n’avez pas pu tirer de vin et j’en ai tiré ; maintenant vous ne pouvez descendre dans cette carrière. C’est donc à moi d’y aller. Quand je ferai tinter la sonnette, ne manquez pas de remonter la corde et de la redescendre ensuite jusqu’à ce que je sois revenu, car si vous y manquiez, vous seriez punis de mort ».

Jean de l’Ours descendit à son tour. Arrivé au même point que ses compagnons il aperçut la bête à sept têtes. D’un coup de sabre il lui abattit une tête et continua sa descente ; mais la bête se retrouva bientôt devant lui. D’un deuxième coup de sabre, il lui abattit une autre tête et descendit encore. La bête se présentant une troisième fois, il lui fit sauter une troisième tête. La même apparition se reproduisit encore trois fois à des intervalles de moins en moins rapprochés, mais chaque fois Jean de l’Ours lui abattait une tête. Il approchait du fond de la carrière lorsque le monstre, dont l’aspect était rendu plus horrible par le sang qui découlait de ses plaies, tenta un suprême effort. Un vigoureux coup de sabre fit rouler la dernière tête du dragon.

L’audacieux géant put enfin toucher le fond du précipice.

Il y aperçut alors trois cabinets dont l’entrée était gardée par un grand vieillard à barbe blanche dont les yeux lançaient des éclairs.

Jean de l’Ours se présentant devant le premier cabinet dit à l’étrange vieillard :

Qu’est-ce que tu fais là, toi ?
– Qu’est-ce que ça t’regarde toi ? lui fut-il répondu
– Ouvre la porte ou je la défonce !
– Défonce-la si t’ose !  dit le gardien en se plaçant en travers.

Jean de l’Ours, sans se laisser intimider, défonça la porte avec la poignée de son sabre. Au même instant, une belle demoiselle sortit ; Jean de l’Ours l’embrassa, lui prit son mouchoir de poche et la fit remonter au moyen du signal convenu.

Le vieillard s’adossa alors contre la deuxième porte. Jean de l’Ours, se tournant de nouveau vers lui, s’écria :

– Pourquoi te places-tu devant cette porte ?
– Qu’est-ce que ça te regarde ?
– Ouvre-la ou je la défonce !
– Défonce-la s’y t’ose !  répondit encore le gardien d’une voix menaçante.

Jean de l’Ours, avec la poignée de son sabre, ouvrit le deuxième cabinet et au même instant une belle demoiselle en sortit. Le géant l’embrassa, lui prit son mouchoir, et la fit remonter comme sa sœur.

Avançant vers le troisième cabinet, devant lequel le vieillard venait de s’adosser, Jean de l’Ours dit encore à celui-ci : « Qu’est-ce que tu fais là ? » Puis après une nouvelle sommation suivie d’une dernière menace, le géant défonça la porte. Il sortit une troisième demoiselle aussi belle que les premières. Après l’avoir embrassée, son sauveur lui prit son mouchoir et la fit remonter comme ses deux sœurs.

Quant au vieillard, qui n’était autre probablement que le génie malfaisant qui tenait en captivité les filles du seigneur, il était disparu comme par enchantement.

Jean de l’Ours ayant achevé sa mission eut hâte de sortir de ce gouffre affreux, il agita sa clochette mais il eut beau sonner, la corde ne lui fut pas descendue. Il se trouva donc dans l’impossibilité de sortir de la carrière. Pendant qu’il songeait avec amertume à la trahison de ses deux compagnons, ceux-ci se rendaient au château pour y conduire les trois demoiselles.

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Il y avait très longtemps que Jean de l’Ours était abandonné, et il commençait à perdre espoir lorsqu’il aperçut à ses côtés le p’tit ver de terre qui lui dit :

Ah ! te voilà, toi ?
 – Oui, dit Jean de l’Ours.
-Tu voudrais bien que je te remonte, sans doute ! Eh bien, voilà un corbeau ; monte dessus. Voilà aussi sept bœufs ; chaque fois qu’il va crier : coac, tu vas lui en mettre un dans le bec.

Tout en montant, Jean de l’Ours, plus résolu que jamais à triompher du nouveau péril devant lequel il s’était d’abord senti impuissant, n’oubliait pas la recommandation du p’tit ver, et chaque fois que le corbeau criait : coac, il lui mettait un boeuf dans le bec.

Quand le corbeau eut crié sept fois, Jean de l’Ours, qui n’était pas encore remonté, se dit : Si le corbeau crie encore, je n’ai plus rien à lui mettre dans le bec, et il est capable de me laisser tomber au fond de ce précipice dont j’entrevois maintenant le bord. Alors il se coupa un morceau de chair au mollet, et le corbeau ayant encore crié : coac, il lui mit ce morceau dans le bec. Au même instant, d’un coup d’aile, cet oiseau jeta notre homme sur le bord.

Jean de l’Ours, sorti de la carrière, banda son mollet pour étancher le sang de sa plaie et se dirigea en boitant, vers le château du seigneur. En route, il rencontra un mendiant.

– As-tu été au château ? lui demande-t-il  
-Oui, répondit le mendiant, mais il y a une grande fête, aujourd’hui !
– Ah ! dit Jean de l’Ours, il y a une grande fête ?
– Oui, car le seigneur marie deux de ses demoiselles.
– Eh bien, donne-moi tes habits et prends les miens, car je veux aller demander l’aumône au château.

Le mendiant, tout déguenillé, considérant les habits relativement luxueux de celui qu’il rencontrait, lui demanda :

-Mais, monseigneur, vous voulez vous moquer de moi, bien sûr ?
– Non, dit Jean de l’Ours, je ne me moque pas de toi ; Tiens, je vais me déshabiller en premier. Et il donna aussitôt ses habits au mendiant qui, en voyant cela, ne refusa pas de lui céder les siens.

Tout en boitant, Jean de l’Ours poursuivit sa route vers le château. En y arrivant, il demanda à entrer dans la cuisine pour se reposer et y panser sa jambe. Mais les servantes et les valets voyant les haillons de ce malheureux, le repoussèrent en lui disant :

Revenez une autrefois car notre seigneur marie ses demoiselles aujourd’hui.
– Ah ! Monseigneur marie ses demoiselles, je voudrais bien lui parler, moi !
 – Ca n’se peut pas, lui répliqua-t-on, monseigneur est avec sa famille et ses invités, tout occupé de la fête, et il ne va pas quitter sa société pour s’entretenir avec vous.
-Eh bien, dit le faux mendiant, conduisez-moi dans sa salle, parce que j’ai absolument besoin de lui parler.
– Ca n’se peut pas ! lui fut-il répété encore. Comment voulez-vous qu’on vous présente à monseigneur en ce moment avec votre sale accoutrement et votre piteuse mine ?

Jean de l’Ours, qui commençait à perdre patience, s’écria : «Ah ! vous ne voulez pas me recevoir au château ! Eh bien j’y entrerai malgré vous ! » Voyant son insistance et l’air menaçant qu’il venait de prendre, les serviteurs jugèrent prudent de prévenir leur maître et lui rapportèrent ce qui venait de se passer.

Le seigneur, étonné qu’un malheureux de cette espèce s’entêtât à lui parler, donna ordre de le faire entrer à la cuisine.

Jean de l’Ours alla s’asseoir au coin du feu, étendit, sur chacun de ses genoux, deux des mouchoirs qu’il avait pris aux demoiselles et fixa le troisième sur sa poitrine.

A ce moment, les trois demoiselles passèrent ; apercevant le mendiant, elles remarquèrent avec surprise les mouchoirs qu’il avait étalés devant lui. L’une d’elles dit à ses sœurs : « Ce doit être l’homme qui nous a tirées de la carrière, car je reconnais mon mouchoir sur sa poitrine ? » Celles-ci répondirent qu’elles reconnaissaient aussi les leurs. Les compagnons de Jean de l’Ours qui, à la suite des demoiselles, s’étaient introduits dans la cuisine, ressentirent un trouble immense et se dirent l’un à l’autre : « Ce doit être lui ! pourtant il est impossible qu’il ait pu sortir du précipice ».

Alors Jean de l’Ours, qui observait leur attitude, s’écria : « Je crois que vous me reconnaissez, vous autres. Vous savez qu’il nous avait été promis à tous les trois que nous épouserions les filles du seigneur si nous les délivrions de leur captivité. Vous savez que c’est moi seul qui ai pu tirer du vin dans le château abandonné, que c’est encore moi seul qui suis descendu dans la carrière pour délivrer ces demoiselles, car vous étiez incapable de les sauver ; sans moi, elles seraient encore prisonnières au fond du gouffre maudit. Jaloux de ma puissance, vous avez cru que je ne pourrais en sortir sans votre aide, et vous m’avez abandonné lâchement pour profiter seuls de la promesse qui nous a été faite à tous les trois. Me voilà, pourtant, et je viens à mon tour réclamer la récompense que je mérite. Tant pis pour vous, si ce que j’ai à dire à monseigneur le fait renoncer à vous accorder la faveur dont vous êtes indignes ! »

Le seigneur, qui depuis un instant était entré dans la cuisine, avait entendu tous les reproches que Jean de l’Ours adressait à ses compagnons. Il leur demanda si ce qu’il venait d’apprendre était vrai. Ceux-ci, remplis de confusion et ne sachant quoi répondre pour se justifier de leur crime à l’égard de celui qui avait délivré les demoiselles, ne purent contredire ses déclarations.

Alors le seigneur, irrité de l’odieuse conduite de ceux qui avaient été sur le point de devenir ses gendres, ordonna à ses serviteurs de les enchaîner et de les jeter dans la carrière, ce qui fut exécuté sans retard. Ayant fait revêtir Jean de l’Ours de magnifiques habits, il lui accorda la main de sa fille aînée. Quant aux deux autres demoiselles elles épousèrent de riches seigneurs des environs qui s’étaient empressés de leur faire la cour.

FIN


  • Auteur : Monsieur Leroy
  • Source : Jean de l’Ours tiré de « Quatre contes populaires recueillis dans le Pays d’Auge »  publié dans « Le Pays Normand, Imprimerie-Librairie Satie, 1902
  • Illustration : Carte à jouer napolitaine éd. Dal Negro. (valeur 8)

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 conçu et proposé par Anastasia Ortenzio, conteuse

2 Commentaires

  1. J’ai bien aimer se conte parce que même avant jeliser des conte d’aventure. (Super ce conte ???)

    • Super Théo! Continue à lire, un jour tu vivras tes propres aventures et peut-être auras-tu envie de les écrire!

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